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Le cadran de ma montre indique 6h10.
 
C'est le froid qui m'a réveillé après une nuit passée à la belle étoile. L'épaisseur de ma veste de treillis n'a suffit qu'à me protéger de la poussière.
Sur moi, juste un duvet partagé avec un camarade. Je me lève et refais du feu avec la braise qui couvait sous la cendre. Tout autour du foyer, les camarades se réveillent peu à peu.
Il fait maintenant tout à fait jour, et nous redécouvrons ce magnifique paysage ardéchois.
 
Hier soir, nous avons veillé très tard ... nous fêtions le solstice d'été.
 
Quelque part en Ardèche ...
22 JUIN 1985
 
Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 15:37
- Par HAGUEN - Publié dans : LE VIEIL EUROPEEN - Ecrire un commentaire - Partager    
 
Elle venait de crever le brouillard à une centaine de mètres de là, dans une aura qui laissait derrière elle une traînée blanche comme la queue d'une comète ou des voilages de soie; elle approchait, luminescente.
Des filaments de brume s'accrochaient aux pans de son manteau ouvert, qui flottait à chacun de ses pas.
Elle se déplaçait, aérienne; ses cheveux à présent bouclés, à l'inverse de notre première rencontre, dansaient autour de son visage à la peau satinée.
Il émanait d'elle une maturité bien plus perceptible que l'année précédente où je l'avais rencontrée pour la première fois.
 
Rouen 1985.
 
Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 15:34
- Par HAGUEN - Publié dans : LE VIEIL EUROPEEN - Ecrire un commentaire - Partager    
 
Je me suis réveillé ce matin, et j'ai vu qu'il me fallait encore vivre.
 
Vivre.
Pour qui ? Pourquoi ?
 
J'ai jusqu'à ce jour, traversé ma vie sur un fond d'amertume - ponctué par ce que certains appellent des instants de bonheur - une perpétuelle attente de la mort; non avec résignation ou peur, loin de là, mais avec l'étonnement qu'elle ne soit pas encore venue.
Car je ne sais pas ce que je fais sur cette terre, en cette époque ...
Une vie que je traverse comme égaré entre deux pièces dans un couloir qui me mènerait à une autre vie.
Comme je ne sais pas combien de temps je resterai dans le couloir, je l'aménage du mieux que je peux car j'ai toujours au fond de moi cette nostalgie d'une vie antérieure; d'une vie que j'aurais vécue pleinement, et dont je n'ai plus de souvenirs.
Effrayante parfois, cette vision du vide qui envahi. Et je sais que si je ne bougeais pas, cela me gagnerai et je plongerais. Car enfin, pendant ces passages à vide, qu'est-ce qu'il peut y faire froid dans ce couloir ...
 
Hier, j'ai terminé le "Voyage au bout de la nuit" de Céline. A présent, le nez collé à la vitre du bus, je regarde les zombies du dehors ... les mêmes qu'à l'intérieur. Ils avancent sans s'arrêter dans leurs vies; eux, ils l'attendent leur nuit. Car ils croient que c'est la mort et ils en ont peur.
La plupart d'entre-eux ne mériteraient pas de mourir, non. Pire. On devrait les condamner à vivre leur sale petite vie insipide, à perpétuité.
Comme certains, moi j'y suis déjà dans la nuit; et parfois j'ai peur qu'elle ne dure trop longtemps. Ca y est ! Ca me reprend cette envie d'écourter le voyage ... l'espoir qu'elle arrive assez vite, la petite môme habillée en noir, douce et veloutée.
 
 
Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 15:32
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Hier, nous avons fêté tard avec des amis.
Ceux-ci sont partis à un moment de la nuit où celle-ci se demande si elle doit aussi aller se coucher. Le jour, lui, hésite encore, attend qu'elle fasse le premier pas.
 
Je me réveille quelques heures plus tard près de la femme que je vais bientôt quitter.
Il n'y a aucun bruit. Dehors, les oiseaux ont commencé à faire entendre leur chant; c'est beau ... et calme.
Les chats sont couchés sur le lit, immobiles. Parfois l'un d'entre-eux se dresse comme s'il avait entendu quelque son insolite, et replonge doucement dans la somnolence.
 
Je termine de lire le bouquin de Djian.
A mes cotés, tu dors encore; ton visage a la douceur de l'innocence.
 
Les minutes s'égrènent lentement comme des grains de sable fin que tes doigts graciles ne peuvent retenir ... comme mon amour pour toi.
 
 
Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 15:29
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As-tu déjà pleuré sur une chanson de Jacques BREL ?
As-tu déjà vu les larmes de bonheur d'une mère prenant dans ses bras son enfant qui vient de naître ?
As-tu déjà pris le temps de t'asseoir aux abords d'une plage de Normandie, pour sentir le vent et les embruns te fouetter le visage, voir la mer se fracasser sur les rochers et écouter les vagues faire rouler les galets ?
As-tu déjà vu la môme PIAF tendre les mains en une offrande de sa vie ?
As-tu déjà lu un livre de Yukio MISHIMA ou, goûté comme un fruit, un des robaïyat d’Omar KHAYYAM ?
As-tu déjà senti sur toi le souffle de la mort ?
As-tu déjà ressenti ce mélange de beauté, de force et de simplicité des chansons de William SHELLER ?
As-tu déjà vu le visage farouche de Che GUEVARRA, incarnation de la pureté révolutionnaire ?
As-tu déjà vu mourir un camarade sans pouvoir le retenir ?
As-tu déjà tendu le bras vers le soleil comme pour y puiser des forces pour un combat ?
As-tu déjà vu une jeune femme arabe s'arrêter de marcher, fermer les yeux, et chalouper des hanches; retrouver ses racines au son d'une musique envoûtante ?
As-tu déjà remarqué la profondeur du regard rempli de nostalgie de Pierre DRIEU-LA-ROCHELLE, où se lit la détermination de son idéal ?
As-tu déjà veillé‚ aux feux de camp du solstice d'été ?
As-tu déjà ressenti comme une chaleur dans ton ventre, instant de désir d'une première rencontre ?
As-tu déjà vu la sérénité d'un visage qui vient de s'abandonner dans la jouissance d'un acte d'amour ?
As-tu déjà vu le regard d'un asiatique s'étonner, s'extasier, et s'illuminer d'un sourire devant les jeux d'un enfant ?
As-tu déjà lu l'épopée fabuleuse du "baron fou" Ungern-Von- Sternberg, "La nuit des temps" et "Le petit prince" ?
  
Si tu as vu tout cela ami, et bien d'autres choses aussi fortes, alors il ne te restera plus à n'attendre de la vie, que le néant de la mort, avec sérénité.
  
 
Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 15:26
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Cécile
au seuil de l'abîme
Cécile
au bord de la déprime
bat des cils
Cécile
la belle
bat de l'aile.
Ô belle Cécile
tu te réveilles?
Ouvre tes ailes
ma belle.
Reviens à la vie
tendre amie.
Sors de ta nuit
retrouve tes envies.
Le monde et ses folies
t'attendent.
Le soleil et les amis
entendent ...
ton coeur qui bat.
 
 
Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 15:22
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Il me faudra franchir un jour, l'espace qui sépare la vie de la mort pour rejoindre celle-ci à nouveau.
 
Partir sans bruit, partir sans cris, et au dernier moment, penser, avoir le temps de penser aux êtres aimés. Partir en ne laissant derrière soi que l'écho à présent futile et vain des pleurs de tristesse des amis, vite balayés par le temps qui les remplacera par les souvenirs.
 
Souvenirs à leurs tours balayés par l'implacable égrénement du sablier de la nuit des temps.
 
Mourir en laissant derrière soi toutes sortes êtres humains dont paradoxalement la seule grandeur et le seul épanouissement se trouvent dans la guerre et dans l'amour, et dont la damnation de ces mêmes êtres se trouve dans les mesquineries journalières ainsi que dans la destruction de la nature.
  
 
Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 15:20
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Tu es la femme,
pleine de chaleur et d’esprit,
pleine d’un passé parfois meurtri;
Tu es la femme.
 
Tu es la femme avec tes envies et tes peurs,
et je ne t’aime pas ... comme on aime une fleur;
mais je t’adore comme on adore une déesse;
je te vénère, simplement, avec tendresse.
 
Tu es la femme que j’aimerais aimer;
peut-être pas tant que tu ne le voudrais,
mais sûrement plus que tu ne le crois.
Tu es la femme qui met mon âme en joie.
 
Cela doit être beau de faire l’amour avec toi;
j’y pense souvent, même quand je ne te vois pas.
Car tu as la jeunesse de tes rires et de ta beauté,
car tu as la jeunesse des espoirs à exaucer.
 
Tu es la femme,
avec tes désirs et tes secrets,
avec la vigueur de ta maturité.
Tu es la femme ...
  
 
Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 15:15
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Le signe de la paix arboré par les pacifistes, m'a toujours amusé.
Il ne s'agit ni plus ni moins de que la rune de la mort chez les celtes, il y a plus de 4400 ans.
Après tout, il est vrai que pour beaucoup, la mort est la paix éternelle.
Mais comme pour mourir, les hommes n'ont trouvé rien de mieux jusqu'à ce jour que de faire la guerre ... alors, ce n'est pas en jouant les pacifistes qu'ils arriveront à la supprimer. D'ailleurs, jusqu'à quelles extrémités iront-ils pour obtenir gain de cause ?... je n'ose y penser.
 
Je les renverrais donc au vieil adage (ils vénèrent bien les vieux symboles) "Si tu veux la paix, prépare la guerre".
 
Oui pacifistes, si vous voulez la paix, préparez la guerre, car ce n'est pas en supprimant les armes que vous supprimerez la guerre.
L'arme a été le premier outil de l'homme et il en sera le dernier. Il suffit de savoir le manier, en bien ou en mal, mais c'est un outil nécessaire.
 Si vous voulez supprimer les guerres, il vous faudrait supprimer l'homme; car la guerre comme l'amour est un besoin pour l'homme. C'est en lui depuis la nuit des temps, et cela sera en lui éternellement.
On ne peut aller contre l'inconscient guerrier des peuples, qui est un facteur de la nature humaine.
L'homme, on ne peut qu'essayer de le raisonner et le responsabiliser.
Mais cela, c'est un autre problème ...
  
 
Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 15:13
- Par HAGUEN - Publié dans : LE VIEIL EUROPEEN - Ecrire un commentaire - Partager    
Je m'approche de toi et, dans ton regard, je peux lire ce mélange de pudeur et de provocation, cette osmose de romantisme et de passion, que je retrouve dans nos jeux de l'amour.
Quand ma main remonte le long de tes jambes fuselées, gainées de bas noirs en soie; quand elle arrive en haut de tes cuisses, joue un instant entre tissu et peau, et que j'enfonce doucement, très doucement, mes doigts dans ta toison soyeuse... Quand de l'autre main, je caresse tes cheveux en bataille tandis que ma bouche parcours tes lèvres et ton cou, tes vêtements glissent et s'éparpillent; instants d'effeuillement d'une fleur. Douceur de ta peau, de ton corps à moitié dénudé.
Quand je sens sous mes doigts et ma langue la moiteur de ton fourreau rose et humide et qu'ensuite je glisse mon épieu dans sa chaleur, dans la douceur de ce que tu appelles "ton petit con délicat" où je me plonge avec délectation, pour en ressortir quelques instants plus tard pour honorer ton ... "autre intimité" que tu m'offres impudiquement et que j'entends chanter à mes oreilles la gamme de tes petits cris de jouissance, allant crescendo jusqu'au paroxysme du plaisir, ton corps vibre, ne fait plus qu'un avec le mien, dans cette union charnelle qui nous entraîne au bout de la nuit.
 
 
Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 15:04
- Par HAGUEN - Publié dans : LE VIEIL EUROPEEN - Ecrire un commentaire - Partager    
 
Les lumières s'éteignent. Clameur.
Doucement, dans le noir, la musique pleure.
Regards brillants vers la scène,
à la recherche de THIEFAINE.
 
Il est là debout, sous les feux des projecteurs
gueulant sa souffrance, nos désirs et nos peurs;
regard posé sur un futur trop frêle,
sur tellement d'espoirs qu'on en crève.
 
Çà et là, des petites flammes s'allument;
de main en main, des joints circulent;
lâche pas le bout bébé ...
doucement ... on amorce la montée.
 
L'ancien amant de madame Muller
vient de disjoncter, le regard défait;
Au rythme des blues et des mélopées
tanguent des corps jeunes et fiers.
 
Devant la scène, petites, douces et cool,
Carole et Maryline tiraillées par la foule
recherchent le regard d'un Hubert-Félix transi,
qui trimbale des lambeaux de nostalgie.
 
Il est de ces héros solitaires de tous les jours
chevauchant les licornes de nos rêves,
naviguant entre la folie et l'amour
à travers des poésies où le sang coule en sève.
 
 
Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 15:01
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Un jour, un train,
il y a quelques mois;
toi et moi
deux destins
qui se croisent
et qui y croient ...
... six mois !
e
Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 14:59
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Des territoires occupés
un peuple s'est levé
ne voulant pas se faire submerger
par des colons aux dents acérées.
 
Coiffé d'un keffieh, les pieds nus,
l'enfant s'avance au milieu des ses frères;
visages déformés par la tristesse et la colère,
tous orphelins de la paix qu'ils n'ont jamais connue.
 
Ces cailloux aux creux de leurs mains,
jetés comme à la foire sur des pantins,
c'est des morceaux de leur terre qu'ils tiennent;
armes dérisoires face aux balles israéliennes.
 
De nos jours, David a changé de camp
et Goliath est juif à présent.
C'est toi maintenant petit palestinien,
qui serre l'espoir dans ta main.
 
Aujourd'hui, depuis l'intifada, le soulèvement,
sont morts prés de mille adolescents,
avec dans les yeux la volonté et l'espoir en demain,
de pouvoir libérer leur sol du joug israélien.
 
Tu vivras Palestine, tant qu'il y aura des hommes comme tes enfants;
mais est-ce bien utile de les envoyer si jeunes verser leur sang
face à ces nouveaux tortionnaires qui n'ont rien à envier
à leurs anciens bourreaux nazis, après les avoir tant décriés.
 
 
Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 14:59
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Barbituriques ou revolver Massika ? Je ne sais comment tout cela finira. Cela dépendra de ma journée. Ce sera tout ou rien.
Partir tranquillement ou dans un baroud d’honneur, l’un ou l’autre ... tu sais que je n’aime pas les compromis.
Ce jour-là, tu auras déjà ouvert depuis quelques mois ton troisième centre d’astrologie, Karin aura trouvé son coin de Patagonie, Jean-Michel sortira son deuxième album C.D., Clémentine aura son quatrième gosse après Pat, Maïte et Tainny, ma petite souris entrera au ministère des affaires sociales, et Dame organisera un défilé de mode au Louvre pour le vernissage des oeuvres de Diop, après avoir assisté dans la journée à la remise de la Légion d’honneur à Ludivine par Jean-Loup SIEFF, le nouveau ministre de la culture.
Ce jour-là, il fera malgré tout encore plus gris dans ma vie. Gris et beau. Gris et beau comme une chanson de LEOTARD ou un texte de BOHRINGER.
 
 
Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 14:55
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J'aimerais larguer les amarres,
partir au loin, sans espoirs.
Trouver un ailleurs
qui serait peut-être meilleur.
 
Mais pourquoi ? au loin c'est comme ici;
car ils sont d'ailleurs nos amis.
Comme la guerre, l'amitié est partout,
comme eux, d'Argentine et du Pérou.
 
Entre la flûte de pan et le vin rosé,
au milieu des rires de Bertrand et de sa femme,
ceux de Yoël, Karin, et Marie-Jeanne,
passent les soirées de ce début d'été .
 
Autour de la table ou l'on a mangé la feijoda
quand vient le moment de frapper la tequila,
on écorche alors un peu quelques chansons,
de BREL et de BRASSENS, reprises à l'unisson.
 
L'autre soir, nous parlions de Jorque et d'Enriqué;
et quand Badia chantait,
elle nous entraînait dans les textes de son frère
dans lesquels, sous la provocation et l'émotion, pointe la colère.
 
Lève ton verre ami,
lève ton verre à cet instant qui nous réunit;
et si demain la vie me sépare de toi,
lève ton verre à la mort qui nous réunira.
 
 
Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 14:52
- Par HAGUEN - Publié dans : LE VIEIL EUROPEEN - Ecrire un commentaire - Partager    
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